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Nicht ohne meine Kinder !
[ Pas sans mes enfants ! ]
de MikeyM | Upper Isar Valley | lu 634 fois
Germanisation entre Lebensborn et
enfants de la Stasi ?
L'étranger s'inquiète. Les héritiers
de Hitler et de Hockener poursuivent allègrement
...
Bozen, Tirol du sud / Italie
Nous sommes le vendredi 10 mars 2006. Une conférence
de presse et un débat sont donnés à
l'occasion de la présentation du livre de Karin
Jäckel. La ville de Bolzano a mis sa salle des
fêtes à la disposition. Les représentants
de la presse internationale sont là, plusieurs
équipe de télévision. ARTE également,
qui prépare une série de documentaires.
L'ambiance est à l'Europe. Traduction simultanée
dans les oreillettes, pour ceux qui ne comprennent
pas la langue. La presse allemande brille par son
absence.
La liste des invités présents, quant
à elle, est longue; juristes, responsables
politiques, représentants italiens, associations
de parents et d'enfants. L'acteur Matthieu Carrière
qui donnait une représentation à Munich
avait annoncé sa venue. En raison des mauvaises
conditions climatiques dans le sud de l'Allemagne,
il a du la décliner au dernier moment. La plupart
des invités sont des pères et des mères
venus de plusieurs pays d'Europe. Ils ont tous un
point commun : L'Allemagne ! Des enfants en Allemagne
! Les enfants de pays riverains de l'Allemagne !
La conférence est donnée sur le thème
: "Le Jugendamt allemand - une administration
rapteuse d'enfants ? "
Joumana Gebara, co-auteure, est mère de trois
enfants, de trois pères différents.
Elle parle 5 langues et vit en tant qu'étrangère
en Allemagne, dans une petite ville du ressort administratif
de Düsseldorf.
C'est l'automne 2004. Comme tant d'autres femmes et
mères ici en Allemagne, elle est, elle aussi,
menacée par le chômage. Mais elle n'attend
pas, elle prend l'initiative et trouve un emploi.
Un contrat de travail l'attend en Italie du Nord.
Il ne lui reste plus qu'à trouver un appartement
sur place, pour elle et ses trois enfants.
Le JUGENDAMT profite de cette absence pour faire disparaitre
ses deux plus jeunes enfants. Avec la complicité
de la nourrice et voisine semble-t-il, puisque c'est
chez elle que les deux garçons et la soeur
adolescente dorment en l'absence de la mère
; c'est aussi chez elle, que l'on vient chercher les
garçons, tout en expliquant à la soeur,
que ses deux frères iraient maintenant chez
leurs pères. Les deux enfants sont en réalité
placés en secret et sans jugement dans des
familles d'accueil allemandes. Motifs invoqués:
1. la mère a disparue en Italie, laissant derrière
elle ses enfants. Puis quand il devient évident
qu'une telle explication ne tient pas debout, un second
prétexte est trouvé : 2. Un pays comme
l''italie n'est pas bon pour des enfants allemands
!
Les responsables de la police judiciaire de Bolzano,
témoins de ces propos tenus par le Jugendamt
allemand, n'en revienntent toujours pas : "Nous
n'avons encore jamais vu cela en Italie".
Ils introduisent une procédure pour enlèvement
d'enfants contre les fonctionnaires du JUGENDAMT.
Au début de l'année 2005, Joumana Gebara
retourne en Allemagne pour récupérer
ses deux fils, au risque de se faire mettre en prison.
Elle n'a que ce choix s'il elle veut revoir ses enfants.
Face au juge allemand, elle ne pèse rien. Elle,
comme des milliers d'autres parents en Allemagne,
s'est retrouvée bien seule face au JUGENDAMT,
au tribunal familial et a tous les autres acteurs
de la 'collaboration" familiale. Dans son livre,
elle décrit avec force de détails les
humiliations que les fonctionnaires allemands lui
ont infligé pour ne pas avouer ouvertement
leur volonté de lui voler ses enfants. Elle
y explique aussi son incroyable fuite hors des frontières
d'une République qui voulait lui rapter ses
enfants "légalement".
C'est le printemps 2006. Dans la salle de conférence
de l'hôtel de ville de Bolzano, on entendrait
une mouche voler. L'attention est à son comble
quand est relaté comment et combien d'enfants
sont enlevés et placés par les administrations
allemandes. Les motifs les plus abjectes suffisent
au JUGENDAMT pour agir. "Mais pour quelle
raison font-il cela, exactement ?" entend-on
dans l'assistance. Les raisons connues sont avancés.
Ceux qui les découvrent se regardent stupéfaits
par ce qu'ils viennent d'entendre. Ils ne veulent
pas le croire.
Ils découvrent aussi qu'en Allemagne près
de 170.000 enfants sont arrachés à leurs
famille pour être placés dans des lieux
d'accueil, dans des foyers ou en psychiatrie, que
cela coûte plus 10 milliards d'euro par an aux
contribuables, qu'à peu près 70.000
enfants se trouvent là, sans jamais avoir présenté
quelque problème. Ils devraient être
au sein de leurs familles, conformément la
charte des Nations Unies. Cette charte qui a été
ratifiée par l'Allemagne. Mais quelle administration
ou quel Tribunal allemand s'y conforme-t-il ? Puis
les rapts d'enfants vers l'Allemagne par le parent
allemand ou par d'autres personnes, sont à
l'ordre du juor. Des enfants qui devraient être
retournés dans leur pays d'origine, conformément
à la Convention de la Haye, une convention
qui fonctionne avec de nombreux Etats, pas avec l'Allemagne.
"Est-ce le retour des vieux démons
? N'avons-nous pas déjà eu cela au temps
des Nazis ?"
C'est vrai. Cela a déjà existé
en Allemagne. Le JUGENDAMT qui a été
créé en 1936 par les Nazis servait à
la préselection du programme Lebensborn. Sa
mission consistait à identifier les enfants
qu'il fallait retirer à leurs familles.
"Les allemands d'aujourd'hui n'ont-ils rien
compris ? Que disent les gens ? Se laissent-ils faire
comme en 1933 ?". La population allemande
se terre dans le silence, c'est une réalité.
Même les médias ne traitent pas du sujet,
et lorsqu'elles le font, elles ne le font que superficiellement.
Ce n'est donc pas un hasard, si aucun representant
de la presse n'était présent à
Bolzano. D'ailleurs, un rédacteur d'un grand
quotidien allemand, le Frankfurter Allgemeinen Zeitung
(FAZ) qui avait annoncé sa venue, n'a pas pu
se rendre à Bolzano. Motif invoqué:
"Ma direction ne m'a pas autorisé à
venir".
"C'est incroyable ! Ici en Italie, si l'administration
osait s'en prendre à nos enfants, nous monterions
sur les barricades. Et les allemands, que font-ils,
eux ? Rien ? Ils se laissent faire ? Ils regardent
bêtes et disciplinés ce qui se passe
dans leur pays et ne disent rien ?" Sur le
podium des hochements de têtes, comme autant
de signes d'aquiescement.
"Mais les allemands qui sont toujours les
premiers à se plaindre au moindre petit détail,
de Bush, de l'Iraq, de Berlusconi, de la Bosnie, de
tout, ne voient-ils pas ce qui se passe dans leur
propre pays ? Pourquoi restent-ils sans rien faire
? Pourquoi voient-ils toujours les erreurs chez les
autres ? Qui sont donc ces allemands ?" L'exitation
monte d'un degré dans la salle et cela se comprend,
surtout dans un pays comme l'Italie où l'enfant
est roi et protégé par sa grande famille.
Ici tous se battent pour eux. On ne comprend pas cette
mentalité allemande. "Avec leurs enfants,
ils sont entrain de détruire leur futur. Bien
sûr ce sont eux qui se croient les plus européens
et les plus modernes de tous !"
Une femme dans la salle intervient: "j'ai
travaillé pendant 7 ans dans les services de
justice ici en Italie et je ne peux pas me souvenir
d'avoir entendu parler une seule fois d'un enlèvement
d'enfant. Pourquoi est-ce en Allemagne si différent
de chez nous ?
Les deux auteures critiquent vertement le féminisme
allemand. Elles se déclarent profondément
anti-féministes. "Ces féministes
détruisent la société allemande,
alors qu'il serait si vital pour elle, qu'elle s'affranchisse
d'une guerre nauséabonde, dans laquelle elles
ont entrainés les deux sexes, pour que le pays
puisse retrouver des relations normales entre hommes
et femmes et des familles, comme elles existent dans
tout le reste de l'Europe".
En Allemagne, le fossé se creuse entre les
deux sexes, une évolution largement appuyée
par les forces politiques en présence; les
résultats sont dévastateurs pour la
famille allemande.
Les partis de gauche sont montrés du doigts,
car à la lecture des statistiques, il est évident
que le vol administratif d'enfants est plus développé
dans les Länder dirigées ou qui ont été
longtemps dirigés par la gauche, le SPD. Le
taux d'enfants soustraits est plus élévé
dans le nord de l'Allemagne et dans les villes sièges
des Gouvernements des Etats de la Fédération
(Bundesländer) ainsi que dans la capitale; là
où règne le pouvoir. Le sud de l'Allemagne
lui est moins touché. Les Etats de l'ex Allemagne
de l'Est (RDA) sont plus 'friants' d'enfants, que
ceux de l'ex Allemagne de l'Ouest (RFA).
"Jusqu'en 1999, c'était une pratique
courante dans l'ex RDA. Margot Honecker, la femme
du chef du Parti, était Ministre de la famille.
Elle retirait les enfants aux familles de dissidents,
d'opposants et de ceux qui voulaient quitter le régime
communiste de l'ex RDA. Elles les plaçaient
dans des familles des membres de la Stasi. Ces enfants
étaient appelés, 'les Stasi-Kinder'
- les enfants de la Stasi -. Ces 'Stasi-Kinder' existent
aujourd'hui encore. Mais le nom de l'institution a
changé; elle s'appelle JUGENDAMT désormais.
Et elle oeuvre avec d'aussi bons résultats,
car le nombre d'enlèvements d'enfants a retrouvé
son niveau d'avant 1990 (avant la tombée du
mur). Les candidats à la prise en charge des
enfants se recrutent maintenant dans les rangs des
fonctionnaires de l'Etat (professeurs des écoles
et fonctionaires du JUGENDAMT) principalement."
Les partis de droite, les Chrétiens-Démocrates
(CDU) quant à eux ne sont pas exempts de la
critique : "ils ne font rien, et quand ils
sont au pouvoir, ils ne font que reporter la faute
sur leurs prédécesseurs". Des
noms s'échangent dans le foyer; celui du Maire
(Oberbürgermeister) de Düsseldof, quelques
personnes appartenant à sa chancellerie et
du celui de son nouveau ministre de la famille, qui
s'ingénue à se présenter comme
l'expert des Droits de l'Homme de la CDU. En Bavière,
les potliques de la CSU ont écouté un
temps (comme Zehetmair, connu pour sa réforme
de l'orthographe) puis ont détourné
la tête (comme sa consoeur, Stewens, Ministre
de la famille munichoise). La CSU serait-elle aussi
gagnée par la gangrène féministe
?
C'est vendredi après-midi. Je suis invité
dans l'appartement de Joumana. Un appartement de 140
m carrés au dessus des toits de Bolzano, un
appartement joliment agencé, d'ou je peux contempler
le panorama des Dolomites. Je fais la connaissance
de ses enfants. Je demande à son plus jeune,
ce qu'il a ressenti lorsqu'il a revu sa mère
pour la première et pourquoi il s'était
sauvé en courant. "Ils m'ont dit que
maman veut me faire du mal, que je devais m'enfuir
en courant, si je l'a voyais, parce qu'elle voulait
m'enlever. Je ne savais pas ce que je devais faire.
Je ne savais plus à cet instant, ce qui était
bien et ce qui n'était pas bien."
En d'après-midi, les auteures dédicacent
le livre dans une librairie du centre-ville. Ce sont
principalement des personnes plus agées qui
se trouvent réunies là, à côté
de quelques parents victimes, celles de la génération
qui a connu la guerre. Joumana donne lecture du passage
dans lequel elle explique les raisons qui l'ont poussé
à venir en Allemagne, un pays modèle
à ses yeux, qui s'est relevé de ses
ruines et qui a si bien réussi depuis. C'est
dans ce pays qu'elle a toujours rêvé
de se rendre, de travailler, un pays dont elle n'a
toujours dit que du bien. Jusqu'au moment où
ce pays a préféré détruire
sa vie et celle de ses enfants.
"Mais pourquoi vous a-t-on enlevé vos
enfants ?" De l'incompréhension se
lit dans le regard des dames plus agées, au
moment où les raisons exposées le matin,
sont à nouveau répétées.
Dans la librairie, le silence se fait pesant. Karin
Jaeckel poursuit la lecture. Elle a choisi de lire
le passage qui relate les déclarations faites
par les enfants au moment et peu après "l'opération
de libération", au moment où ils
racontent comment ils étaient prisonniers de
leur "nouvelle" famille, qui leur interdisait
de quitter leur chambre pendant toute la journée.
"Je devais me laver les dents avec le doigt,
parce qu'ils ne voulaient pas me donner de brosse
à dents". Les des deux femmes qui
se voulaient un peu insolente tout à l'heure,
changent de teint. Il se fait brusquement livide.
Une question résonne : "Sommes-nous
revenus là, où nous étions, il
y a 70 ans ?"
C'est samedi, le soleil brille et les températures
printannières sont bien agréables. Bolzano
se présente sous sa plus belle splendeur. Je
monte dans le train vers midi, les risques d'avalanches
entre le Tirol et la Bavière sont importants.
Le train régional me permet d'embrasser un
long moment ce paysage si magnifique avant d'atteindre
le Brenner. Mon wagon se remplit peu à peu
d'écoliers et de jeunes. Ils sont gais et font
les fous. Ils demandent si la place est libre avant
de s'assoir. Le wagon est propre; pas de dégradations,
de détritus, de chaussures sur les sièges,
pas de regards méchants à l'adresse
d'autres passagers. Comment cela est-ce possible en
ces temps qui courrent ? Puis je me rémémore
les mots que Joumana me glissait dant l'oreille hier
: "Les allemands ne voulaient pas que mes
enfants puissent vivre dans ce coin de paradis terrestre
!"
Le train se tortille d'une vallée à
l'autre. Une mélancolie m'envahit. Cela n'est
pas dans ma nature. Je n'ai jamais vu autant de gens
s'engager pour ce minimum d'humanité. Je me
sens mal à l'aise, mes yeux s'emplissent de
larmes, que je cache derrière mes lunettes
de soleil. Je viens de comprendre que je quitte le
printemps pour retourner dans l'hiver. Dans l'hiver
allemand, celui qui pétrifie ses enfants. Et
les enfants de ses voisins avec ....
RP-Online
OPINIO
17.03.06 | 12:25 Uhr
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à lire :
Karin Jäckel
Nicht ohne meine Kinder!
Bastei-Lübbe
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Traduit et adapté de l'original par Olivier
Karrer
Siehe : Demande
d'enquête à la Commission Européenne
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